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Relations entre uricémie et dyslipidémies au cours du diabète

Introduction : Les valeurs usuelles de l’uricémie avoisinent le seuil de précipitation de l’acide urique dans les humeurs. L’objectif de ce travail a été d’étudier les relations entre l’uricémie, à partir de seuils pathologiques définis arbitrairement, et les dyslipidémies d’une part, et le risque de maladies cardio-vasculaires d’autre part, au cours du diabète. Matériels et méthodes : L’acide urique, les triglycérides (TG), le cholestérol total (CT), le HDL-cholestérol (HDL-c), le LDLcholestérol (LDL-c) et le risque athérogène (RA) de 58 sujets non diabétiques, de 59 diabétiques de type 1 (DT1) et de 70 diabétiques de type 2 (DT2) ont été déterminés. Les moyennes ont été comparées avec le test t de Student. Les corrélations ont été déterminées en calculant le coefficient de corrélation de Pearson. Résultats : Quand l’hyperuricémie est définie par une uricémie > 40 mg/l, aucune perturbation lipidique n’est notée en comparant les sujets « hyperuricémiques » (HU) aux « normouricémiques » (NU). Cette absence de perturbation est relevée aussi bien chez les témoins que chez les DT1 et les DT2. Par contre, dès que l’hyperuricémie est définie par une uricémie > 50 mg/l, des perturbations lipidiques apparaissent chez les HU par rapport aux NU. Ces anomalies sont ainsi observées chez les DT2 : les HU ont des TG significativement augmentés comparés aux NU (TG : 0,84±0,29 g/l versus 0,69±0,19 g/l, p = 1,19.10-2). Chez les DT1, les HU montrent un LDL-c et un RA significativement augmentés par rapport aux NU (LDL-c : 1,24±0,59 g/l versus 0,86±0,47 g/l, p = 1,4.102 ; RA : 3,74±1,76 versus 2,69±1,20 ; p = 1,8.10-2 ; TG : 0,74±0,24 g/l versus 0,71±0,26 g/l, p = 6,65.10-1). Chez les témoins, les HU présentent des TG, un LDL-c et un RA significativement augmentés comparativement aux NU (TG : 0,73±0,30 g/l versus 0,60±0,16 g/l, p = 4,89.10-2; LDL-c : 1,25±0,54 g/l versus 1,01±0,35 g/l, p = 4,97.10-2 ; RA : 4,37±2,04 versus 3,15±0,88 ; p = 1,75.10-5). Le coefficient de corrélation entre l’uricémie et les TG ne varie pas quand on passe des témoins (r = 0,29) aux DT2 (r = 0,29) en passant par les DT1 (r = 0,29). Conclusion : L’hyperuricémie serait associée à des dyslipidémies caractérisées par une constante : l’hypertriglycéridémie. Par ailleurs, les valeurs usuelles « normales » de l’uricémie chez l’homme se situeraient autour de 40 mg/l et non 68 mg/l, ce qui correspond au seuil de précipitation de l’acide urique dans le plasma humain.


Auteur(s) : Ndour EHM1, Guèye-Tall F1, Guèye PM1, Sagna HAT1, Coulibaly DM1, Ndiaye-Diallo R1, Diop PA1, Lopez-Sall P1, Cissé A1.
Pages : Tome 1 (Numéro2)
Année de publication : 2016
Revue : African Journal of Medical Biology / Revue Africaine de Biologie Médicale
Type : Article
Statut Editorial : Papier/Ligne
Mise en ligne par : GUEYE Fatou