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Prévalence des cardiopathies congénitales en milieu scolaire coranique (daara) à Dakar : étude transversale basée sur le dépistage clinique et échographique de 2019 élèves

Les cardiopathies congénitales (CC) représentent l’une des principales pathologies cardio-vasculaires dans les pays en développement. La plupart des études de prévalence réalisées sont basées sur l’examen clinique d’enfants avec confirmation échographique des cas suspects, sous-estimant ainsi sa prévalence. Nous avons entrepris de mesurer la prévalence des cardiopathies congénitales dans les « daara » (école coranique) de la ville de Dakar et de sa banlieue sur la base de l’examen clinique et d’une échocardiographie Doppler réalisée pour tous les élèves. L’étude était de type transversal et s’est déroulée du 9 août au 24 décembre 2011. Elle a porté sur une population de 2 019 élèves âgés de 5 à 18 ans choisie dans 16 daara de l’inspection d’académie de la ville de Dakar et sa banlieue. Les données anamnestiques, cliniques et échographiques étudiées ont été rapportées sur une fiche d’enquête préétablie. Une valeur de p < 0,05 a été considérée comme statistiquement significative lors de l’analyse bivariée. Nous avons inclus 2 019 élèves, dont 60,1 % était de sexe masculin (sex-ratio : 0,66). L’âge moyen était de 9,7 ans (± 3,3 ans). Nous avons dépisté 18 cardiopathies congénitales, soit une prévalence de 8,9 pour 1 000 (IC à 95 % : 1,8 – 7,9) avec 6 cas d’anévrysme du septum interauriculaire, 5 cas de CIV péri-membraneuse, 4 cas de canal artériel perméable et 3 cas de tétralogie de Fallot. Les facteurs corrélés à la présence de cardiopathies congénitales étaient l’âge inférieur à 8 ans (p < 0,001) et la résidence dans la banlieue de Dakar (p < 0,001). Nous avons dépisté par ailleurs dix cas de valvulopathies rhumatismales, soit une prévalence de 4,9 pour 1 000 (IC à 95 % : 2,4 – 9,1). Notre étude montre une prévalence élevée de cardiopathies congénitales presque identique aux estimations de l’OMS. Le dépistage échographique est plus sensible que le dépistage clinique. La réduction de la prévalence passe par la mise en place de politiques adaptées, axées sur la sensibilisation et le dépistage précoce de ces affections.


Auteur(s) : M. Bodian · A.A. Ngaïdé · A. Mbaye · S.A. Sarr · M. Jobe · M.B. Ndiaye · A.D. Kane · F. Aw · N.D. Gaye · F.G. Ba, M.B. Bah · A. Tabane · M. Dioum · D.
Pages : 32-35
Année de publication : 2015
Revue : Bull. Soc. Pathol. Exot.
N° de volume : 108
Type : Article
Mise en ligne par : SARR Simon Antoine