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Urgences hypertensives : aspects cliniques et évolutifs.

Introduction : L'urgence hypertensive recouvre toutes les situations d'élévation soudaine de la pression artérielle avec ou sans souffrance viscérale aiguë concomitante. Les objectifs de ce travail étaient d'étudier les aspects cliniques des urgences hypertensives et d'évaluer leur évolution. Méthodologie : Nous avons mené une étude sur 2 ans, d'octobre 2008 à septembre 2010, au service de cardiologie de l'hôpital Aristide Le Dantec de Dakar. Les dossiers de patients âgés de 18 ans et plus, hospitalisés pour une HTA sévère (PA 3 180/110 mmHg) avec ou sans souffrance viscérale, ont été pris en compte. Les données épidémiologiques, de l'examen clinique et paraclinique avaient été recueillies. L'évolution sous traitement avait été appréciée. Résultats : Sur 1795 patients hospitalisés, 264 étaient admis pour une hypertension artérielle. Il y avait 55 cas d'urgence hypertensive, représentant 3,1% des hospitalisés et 20,8% des cardiopathies hypertensives. L'urgence hypertensive vraie représentait 85,5% des cas et l'urgence hypertensive relative, 14,5% des cas. L'âge moyen était de 59,31 ans. On notait une prédominance féminine (sex ratio = 0,77). Les signes et symptômes les plus fréquents étaient les précordialgies (27,3%), la dyspnée et le déficit neurologique (21,8% chacun) pour les urgences hypertensives vraies et les épistaxis (9,1%), les céphalées (7,3%) et les vertiges (3,6%) pour les urgences hypertensives relatives. Les manifestations des urgences hypertensives vraies étaient dominées par celles cardio-vasculaires (61,8 %) suivies de celles neuro-vasculaires (32,8%). Les principaux facteurs déclenchant retrouvés étaient la rupture thérapeutique (61,8%) et l'écart de régime (49,1%). Les classes médicamenteuses administrées à l'admission et durant l'hospitalisation étaient dominées par les IEC (52,7%), les diurétiques (50,9%) et les inhibiteurs calciques (49,1%). Trente cinq patients (74,5%) avaient évolués favorablement et 6 patients (10,9%) avaient gardé des séquelles neurologiques. La mortalité globale était de 33 % dont 9,1% pendant l'hospitalisation. Conclusion : Les urgences hypertensives sont dominées par l'urgence hypertensive vraie, dont la principale manifestation est l'insuffisance ventriculaire gauche aiguë. Elles restent graves et grevées d'une morbi-mortalité importante, d'où l'intérêt d'insister sur la prévention par une prise en charge correcte de l'HTA.


Auteur(s) : M Diao, FG Ba, AD Kane, A Sall, MB Ndiaye, M Bodian, SA Sarr, M Sarr, SA Bâ.
Pages : 231 – 236
Année de publication : 2013
Revue : Médecine d’Afrique Noire
N° de volume : 60
Type : Article
Mise en ligne par : SARR Simon Antoine