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Electricité-Sénégal:40 milliards de pertes

Au Sénégal, l’essentiel de la production d’électricité ainsi que toutes les activités de transport et de distribution d’électricité sont réalisées par SENELEC, la compagnie nationale d’électricité. Un des problèmes majeurs pour cette entreprise est que 21% de son énergie produite est perdue et n’est donc pas vendue. De plus, la répartition de ces pertes est assez mal connue. Seulement les pertes de production et les pertes sur le réseau HTB (225 kV ou 90 kV) peuvent être déterminées grâce à des mesures fréquentes et précises réalisées. Les pertes liées à la distribution représentent le reste et s’élèvent à plus de 80% des pertes totales. Cependant, la répartition des pertes de distribution entre les pertes techniques sur les réseaux HTA et Basse-Tension d’une part et les pertes non-techniques (principalement dues à la fraude) d’autre part est inconnue. En outre, la répartition des pertes techniques de distribution entre le réseau HTA (30 kV et 6.6 kV) et le réseau Basse-Tension (400V) est également inconnue. Le but de l’étude présentée dans cet article est d’estimer toutes ces pertes inconnues de manière à améliorer la lutte contre les pertes. Les pertes sur le réseau HTA ont été estimées par la modélisation d’une partie représentative de ce réseau en utilisant un logiciel spécialisé dans l’étude des réseaux électrique : PSAF. Les pertes sur le réseau Basse-Tension n’ont pas pu être estimées par cette méthode puisque la structure de ce réseau est insuffisamment renseignée. En conséquence, ces pertes ont été évaluées avec une formule basée sur la différence de tension entre début et bout de ligne. Enfin, les pertes non-techniques ont pu être déduites en calculant la différence entre les pertes totales et les pertes techniques. Les résultats montrent que la majorité des pertes au Sénégal sont des pertes non-techniques qui représentent en fait les 2/3 des pertes totales, soit 40 milliards de FCFA (61 million d’€), ce qui est le double de ce que la compagnie estimait auparavant. Une grande priorité doit être donnée à la réduction de ces pertes non-techniques par un plan ambitieux de lutte et de prévention contre la fraude. Les pertes techniques, même si elles sont moins importantes, ne sont pas négligeables et peuvent aussi être réduites par des actions bien ciblées.


Auteur(s) : Maxime Guymard, Ing. Supelec et Ababacar NIANG, PhD. ESP
Pages : 14-16
Année de publication : 2013
Revue : Revue Energy for Africa
N° de volume : n° 17
Type : Article
Statut Editorial : revue internationale
Mise en ligne par : NIANG Ababacar