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Expression de la couleur et degré de codabilité dans deux langues du Sénégal : le wolof et guj??h?r, parler nyun

Cet article met en parallèle la dénomination de la couleur et le degré de codabilité dans deux communautés linguistiques du Sénégal, les Ñ?ñj??h?r et les Wolof. Ces dernières ne partagent pas la même zone géographique ; les Ñ?ñj??h?r vivent en Casamance, région naturelle méridionale tandis que les Wolof occupent le Centre-nord, l’ouest jusqu’à la côte atlantique et le sud jusqu’à la rive nord du fleuve Gambie. Ces questions sont traitées dans le cadre de la théorie relativiste qui soutient que chaque peuple vit et perçoit le monde en général et les réalités qui les composent d’une manière particulière (Whorf, 1956). Celle-ci sera combinée à celle universaliste, qui dit qu’il y a dans toute activité humaine quelque chose d’universel. C’est ainsi que nous avons adopté une démarche descriptive et contrastive qui consiste à voir les similitudes, les différences entre les termes et expressions de couleur utilisés dans les deux langues. Ensuite, il faut définir les facteurs qui permettent de les déterminer. L’étude a montré que les deux langues utilisent les préfixes des classes nominales pour dénommer les couleurs même si elles ont des comportements différents. Deux différences sont notées entre les deux langues, la première est en guj??h?r, les couleurs sont dans la classe des noms alors qu’en wolof, elles ne sont pas affectées dans une classe nominale. La seconde différence est en wolof, le rajout d’une dérivation ou un changement de classe nominale change le sens du terme de couleur, ce qui n’est pas le cas en guj??h?r. Les deux communautés perçoivent les couleurs et les nuances, avec plus de prégnance de trois couleurs fondamentales: le rouge, le noir et le blanc. Ces trois couleurs de base peuvent jouer la fonction de verbe en prenant les marques de temps, aspect et de mode dans les deux langues. Mais, quand ils sont employés comme adjectif, le wolof en fait les termes d’une structure à valeur relative ou des verbes entourés de toutes les marques verbales (personne, temps, aspect et mot), là où le guj??h?r fait appel aux préfixes de classe. Le statut fondamental de ces trois couleurs ne se perçoit pas uniquement dans leur degré de codabilité, mais aussi et surtout dans l’importance des propriétés morphologiques et syntaxiques des termes qui les désignent par rapport aux autres termes qui désignent les nuances de couleur.


Auteur(s) : GOUDIABY, Arame et DIAGNE, M.
Pages : 51-68
Année de publication : 2020
Revue : Revue Internationale de Linguistique Appliquée, de Littérature et d’Éducation, RILALE
N° de volume : 3
Type : Article
Statut Editorial : International
Mise en ligne par : GOUDIABY Arame