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Texto y discurso en El sueño del celta de Mario Vargas Llosa.

Le monde romanesque de Mario Vargas Llosa est fortement enraciné dans son terroir (le Pérou), mais dans ce nouveau millénaire il est marqué par une déterritorialisation sans précédent où les scenarios romanesques se déroulent dans les différentes contrées du monde. El sueño del celta, l’œuvre avec laquelle le Péruvien a obtenu le prix Nobel, qui raconte l’exploitation du caoutchouc en Afrique et dans l’Amazonie, est l’illustration la plus parfaite. L’histoire racontée traverse les trois continents (l’Afrique, l’Amérique Latine et l’Europe) et reconstruit la vie du diplomate irlandais Roger Casement. Le récit prend la forme du roman historique et de l’autobiographie, déterre les discours révolutionnaire et anticolonialiste et repose la théorie de la dichotomie Civilisation et Barbarie, en faisant allusion au discours de l’Indigénisme et de la Négritude. L’objectif est, ainsi, d’étudier cette hétérogénéité textuelle et discursive en nous appuyant sur la théorie des genres et particulièrement sur la critique textuelle, débouchant sur des conclusions importantes. D’abord, le roman repose sur une ingénieuse architecture spéciale triangulaire avec un mapping du Congo, de l’Amazonie péruvienne et de l’Irlande. Cette tendance de délocalisation de ses récits (hors de l’épicentre péruvien) a fini de créer une sorte de littérature transnationale et cosmopolite protagonisée par plusieurs romans. A cela s’ajoute le mélange des genres. En effet, la narration oscille entre la biographie (reconstruction de la vie de Roger Casement de sa naissance à sa mort), les mémoires, le récit de voyage et le roman historique (une partie très documentée de l’histoire de l’indépendantisme irlandais). L’étude scrute la relecture de la relation entre Civilisation et Barbarie, et a montré comment le colonialisme, sous prétexte d’apporter la civilisation aux « sauvages », que sont les Noirs et les Indiens, a été à l’origine des pires actes de barbarie. La dénonciation de la déshumanisation et de l’esclavage des Africains (avec l’exemple des Congolais sous le règne du Roi des Belges) sous prétexte de les civiliser, constitue le point focal de la première partie de ce roman. En plus, cette dénonciation des conditions inhumaines soumises aux natifs noirs et indiens aura un grande influence sur Roger Casement dans son engagement pour la l’Indépendance de l’Eire.


Auteur(s) : Djibril Mbaye
Pages : 226-240
Année de publication : 2019
Revue : Tenso Diagonal. Revista de teoría, crítica y creación sobre literaturas, culturas y comunidades fronterizas
N° de volume : no 8
Type : Article
Mise en ligne par : MBAYE Djibril