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Negritud y Género: la representación de la mujer negra en la literatura decimonónica argentina

La considération du Noir comme un sujet subalterne tant au niveau historique que social a créé par ricochet sa représentation négative dans la littérature du XIX siècle. Dans les récits fondateurs de la Nation argentine, les Noirs, particulièrement les femmes noires, reflètent une image dégradante. Doublement discriminée par sa peau et sa féminité, la femme noire est peinte depuis la sphère politique avec un discours teint de marginalisation et de racisme qui fait d’elle la cible des Unitaires et des opposants de Rosas. Ainsi, l’objectif d ce travail est d’analyser cette représentation caricaturesque à travers une étude comparative des œuvres les plus représentatives de l’époque comme Amalia de José Mármol, El matadero d’Esteban Echeverría et Martín Fierro de José Hernandez. Cette étude débouche sur les conclusions suivantes. La politique de blanchissement du pays, qui supposait l’occultation du Noir, conjuguée au discours patriarcal qui confinait la femme dans le foyer, faisait des Afro-argentines les femmes les plus marginalisées de la société. Cette caricature est présente dans lesdits récits fondateurs. Dans Amalia, les femmes noires, très présentes dans le récit, sont représentées entre le foyer et la vie politique. En effet, considérées comme allié du Gouverneurs Rosas, elles sont décrites, à travers leurs travail de servantes, comme des délatrices et des traitresses qui travaillent pour le compte de Rosas en épiant les unitaires. Dans El matadero, elles sont décrites entre racisme et antiracisme. Traitées de noires, négresse, africaines, elles apparaissent parmi les animaux du Matadero avec lesquels elles disputent les morceaux de viande et les entrailles des vaches. Elles sont ainsi dénudées de leur féminité et même de leur humanité. Dans Martin Fierro, la femme noire est représentée dans la sphère folklorique avec une stigmatisation deshumanisante de la part du gaucho Martín Fierro, qui la compare avec la vache, la louve et une renarde. Les trois récits présentent ainsi un tableau caricaturesque de la femme afroargentine, peinte comme victime sociale et politique, de par son genre et la couleur de sa peau. Mais ils reflètent en même temps tout un imaginaire collectif national qui voit d’un œil raciste la négritude argentine et qui nie même son apport à la construction de la Nation.


Auteur(s) : Djibril Mbaye
Pages : pp. 181-200
Année de publication : 2019
Revue : Cuadernos de Investigación Filológica
N° de volume : no 46
Type : Article
Mise en ligne par : MBAYE Djibril