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Identité et minorité chez Erickson : de l’« intelligence juive » à la « révolution noire » aux Etats-Unis d’Amérique

Dans la ligne de nos recherches sur les invariants de l’identité, en particulier dans l’exploration de l’œuvre du psychologue américain Erick ERICKSON, Adolescence et crise, la quête de l’identité (1968). Il y décrit l’évolution du développement psychologique et social de l’enfant et de l’adolescent et ses conséquences comportementales sur la jeunesse occidentale au moment des mouvements sociaux dans les villes, les universités et les usines. L’identité serait un «sentiment subjectif et tonique d’une unité personnelle (sameness) et d’une continuité temporelle (continuity)», C’est une sorte de tension active, que n’importe qui, selon Erikson peut expérimenter et qui le convainc qu’il la possède. Dépend-t-elle de la géographie, de la couleur, de la religion, de la culture...? L’identité, en termes psychologiques, se forme à partir d’un processus actif de réflexion et à tous les niveaux psychiques et d’observations simultanées, d’auto-perception de soi à travers le regard des autres. Ce processus caractérise, dans les meilleures conditions, une différenciation croissante et envahissante parallèlement à la prise de conscience progressive, par l’individu, d’un cercle davantage plus grand de personnes qui ont un sens pour lui, depuis la mère, la fratrie, les amis, camarades… jusqu’au l’universelle humanité ?Dans cette modeste contribution sur la question de l’identité, nous nous interrogeons d’abord sur la complexité du concept récent, complexe et équivoque d’identité et ensuite sur le traitement de sa perception chez deux grands auteurs comme William JAMES et Sigmund FREUD, deux figures emblématiques de deux minorités américaines, raciale comme les Noirs ou religieuse comme les Juifs, toujours en quête d’identité. Nous essayons enfin de voir comment d’une part, l’éducation et les valeurs, fournies par les parents, en particulier les mères, souvent plus présentes que les pères, dans les familles noires américaines ainsi que, d’autre part, des contraintes environnementales, historiques et socio-économiques, engendrent une identité négative, base potentielle d’une identité positive. La première s’exprime notamment chez beaucoup d’écrivains ou d’artistes noirs, et semble déterminer, en partie leur personnalité et leur identité. Néanmoins, un espoir d’une identité élargie, partagée et apaisée est –il encore possible dans un monde en proie à la particularité ?


Auteur(s) : Boubacar Siguiné SY
Pages : pp. 23 à 38
Année de publication : 2016
Revue : Revue sénégalaise de philosophie, revue semestrielle N° 19
N° de volume : revue semestrielle N° 19
Type : Article
Statut Editorial : article
Mise en ligne par : SY Boubacar Siguiné