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« Pêche, gouvernance et changement climatique : Saint-Louis du Sénégal à l’épreuve de l’aire marine protégée »

Résumé Le début du XXIe siècle est marqué par une volonté accrue de conservation de la biodiversité. Les Aires Marines Protégées (AMP) semblent être érigées en outils de gestion des ressources halieutiques. Les changements climatiques, l’augmentation de la population et la demande de plus en plus forte de ressources alimentaires sont aujourd’hui considérés comme les principales causes de la diminution des stocks de ressources halieutiques. Les recommandations de la communauté internationale en faveur de la conservation de la biodiversité marine et la ratification de conventions par les Etats ont conduit le Sénégal à créer des aires marines protégées dont certaines ne bénéficient pas toujours de l’adhésion des populations locales. A travers l’AMP de Saint-Louis, située sur la façade maritime de la communauté rurale de Gandon, sur la Langue de Barbarie entre l’ancienne embouchure du Fleuve Sénégal et le quartier pêcheur de Guet-Ndar, l’étude tente d’expliquer les logiques à la base des réticences des populations à la mise en œuvre d’une aire marine protégée. A la croisée des chemins entre normes modernes de régulation et autorégulation traditionnelle, l’article met l’accent sur les positions stratégiques des acteurs qui légitiment la prise en compte des spécificités locales, notamment des impératifs économiques, qui placent les acteurs dans des situations d’évitement des normes. L’enquête a été menée auprès de soixante-six individus essentiellement constitués de pêcheurs, de mareyeurs et de transformatrices de ressources halieutiques. Elle révèle la prédominance des enjeux économiques sur des facteurs socioculturels souvent avancés dans l’explication des réticences aux changements.


Auteur(s) : Moustapha Séye
Année de publication : 2014
Revue : Population et Développement en Afrique
Type : Article
Mise en ligne par : SEYE Moustapha