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« « Changer le monde sans prendre le pouvoir » ou les limites d’un projet révolutionnaire : exemple du Mouvement Y’EN A MARRE au Sénégal »

En partant de la problématique de l’espace public comme cadre structurant de l’action politique au Sénégal, il s’agit de montrer comment les jeunes Sénégalais se sont inscrits dans une logique de rupture d’avec cette longue et insoutenable « attente » caractéristique de la prolongation de la phase de minorité sociale du jeune en Afrique qu’Alcinda Honwana appelle « waithood ». La force de ce mouvement va être cherchée dans une certaine horizontalité des rapports sociaux qui nie, dans une même dynamique, les logiques communautaires qui ont jusque-là eu cours dans les regroupements de jeunes et l’existence d’allégeances basées sur la hiérarchie sociale. Car il est avant tout affaire de posture citoyenne au-delà de toute considération hiérarchique qui conférerait une quelconque position de leader imméritée liée au sang ou à l’avoir. Mais l’étude approfondie de ce mouvement fait apparaître un phénomène complexe qui s’inscrit dans le processus global de démocratisation de la société sénégalaise. Ainsi, à travers une perspective mixte qui convoque Alain Touraine dans l’étude du mouvement social et l’analyse de John Holloway des luttes zapatistes d’Amérique Latine, l’article va dans un premier temps établir les facteurs qui ont pesé dans l’avènement de ce mouvement, ensuite établir son poids dans le changement de régime, avant de montrer les limites de ce projet des jeunes rappeurs sénégalais qui ont voulu « changer le monde sans prendre le pouvoir » et voir en dernier les répercussions d’une telle posture dans l’évolution de la société sénégalaise contemporaine.


Auteur(s) : Malick DIAGNE
Pages : 233-250
Année de publication : 2015
Revue : Annales de la Faculté des Lettres et Sciences Humaines, ETHOS
N° de volume : 44-45
Type : Article
Mise en ligne par : DIAGNE Malick