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La calebasse renversée

Les thérapeutes traditionnels du Sénégal utilisent souvent la calebasse pour leurs rituels de soins. La calebasse peut contenir des liquides, des graines, des racines, des vêtements, du sable, des fruits, des légumes, des aliments préparés (au Sénégal, principalement de la bouillie de mil). Pourquoi la renverse-t-on ? Afin de l’expliquer, nous pouvons convoquer un aspect de la fête de l’Ashurâ (dizième jour de l’année musulmane), communément appelée tamharit’au Sénégal se déroulant la nuit. Un couscous à la viande débute la soirée et suit une série de prières afin de faire partie des élus qui vivront au moins un an de plus. Le bol qui avait contenu le couscous est retourné sur un tas de sable par le chef de famille qui le pose sept fois avec grand bruit, accompagné de prières. Une boule de l’aliment est disposée au-dessus du récipient renversé. Nous nous souvenons qu’enfant, dès notre réveil aux premières lueurs de l’aube, nous nous précipitions vers la cour de la maison pour constater, stupéfaits, la disparition de la boule. Maman retournait le bol, cette fois « dans le bon sens » et y mettait de l’eau. Tous les membres de la famille devaient y laver leurs visages afin de ne pas être aveugles durant cette année-là. La vertu thérapeutique de renversement du récipient a toujours occupé une place importante dans nos sociétés. En Afrique de l’ouest, cette pratique culturelle a, ainsi, accompagné la prévention, la protection et les techniques de soins depuis plusieurs millénaires. Dans ce travail, nous nous intéressons à l’utilisation de la calebasse dans la sphère thérapeutique sénégalaise, particulièrement dans les rituels observés chez les Lébous et les Sérères.


Auteur(s) : Omar Ndoye
Année de publication : 2014
Revue : L'AUTRE
Type : Livre
Mise en ligne par : NDOYE Omar