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"Mise en texte de la parole populaire et discours rapporté dans trois romans négro-africains " L'environnement : approches lexicales et discursives, "

L’article essaie d’analyser la représentation de la parole populaire chez trois écrivains du champ littéraire négro-africaine : Alioum Fantouré (Le Cercle des tropiques), Mongo Béti (Perpétue) et Yves-Valentin Mudimbé (Entre les eaux). Il s’agit de trois romans d’après les indépendances intervenues dans les années 1960 et appartenant à la catégorie dite « roman de la rupture » ou « roman subversif » dont la visée illocutoire est essentiellement la dénonciation des dérives sociopolitiques des nouveaux Etats africains. Suivant une approche d’analyse du discours, la représentation de la parole du peuple dans la littérature négro-africaine peut être appréhendée en l’explorant à travers des notions telles que l’ethos, « les patrons discussifs », l’oralité, etc. même si elle reste historiquement définie par des critères génériques et esthétiques. En effet, la parole populaire est liée à l’oralité et à un corps énonçant, un ethos qu’incarne un garant du discours qui renvoie toujours à une catégorie de personne donnée. Les aspects des voix populaires apparaissent également à travers les « patrons discursifs » à partir desquels le lecteur arrive à déterminer les constantes sociolinguistiques qui caractérisent le code langagier de la société africaine en question. Dans les trois romans, la parole du peuple apparaît sous plusieurs formes : elle s’exprime à travers l’ethos, mais aussi sous forme d’énoncés oraux, anonymes ou non, tirés du parler populaire. En effet, la parole populaire a un rapport intrinsèque à l’oralité. Les divers registres de langue apparaissent comme un « interdiscours » porté par l’ensemble des protagonistes de chaque roman, y compris l’auteur, dont le rôle est assumé par le narrateur dans la « diégèse ».Si les auteurs ont essayé d’effacer la frontière entre eux et le peuple, en s’assimilant à lui, ils l’ont, en même temps, maintenu à distance à travers le discours rapporté. Ce faisant, tout en mélangeant leurs paroles à celles du peuple, ils adoptent une modalité narrative, celle du discours direct, telle qu’ils n’assument pas la responsabilité des propos tenus à l’intérieur des dialogues. La voix du peuple est relatée aussi à travers le discours indirect, le discours indirect libre ou le discours narrativisé.


Auteur(s) : Fallou Mbow
Pages : pp. 195-192, 2013
Année de publication : 2013
Revue : Revue de linguistique française et d'analyse du discours
N° de volume : Tome 5.1
Type : Article
Mise en ligne par : MBOW Fallou