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Performances du système en fonction du type et de la variabilité des boues, de la fréquence d’alimentation et de la nature des macrophytes.

Les lits de séchage plantés sont de plus en plus reconnus comme une des options les plus prometteuses pour le traitement et la déshydratation des boues de vidange. Toutefois, l’action des principaux facteurs qui influencent ce système n’est pas bien connue et bien maitrisée. C’est le but de ce travail dont l’objectif est de suivre les performances des lits de séchage plantés en fonction du type et de la variabilité des boues, de la fréquence d’alimentation et de la nature des macrophytes en climat tropical sèche. Trois expériences ont été déroulées relativement à l’influence de trois fréquences d’alimentation (une alimentation/semaine (FA1), deux alimentations/semaine (FA2) et trois alimentation/semaine (FA3)) (expérience 1), trois types de macrophytes (Echinochloa pyramidalis, Typha domingensis et Phragmites australis) (expérience 2) et trois types de boues (boues de vidange brutes, boues de vidange épaissies et boues d’épuration) (expérience 3) sur le drainage des lits, le développement des plantes, les performances épuratoires et la qualité des biosolides laissés en maturation pendant trois mois. Neufs fûts de 200 L ont été utilisés comme lits de séchage plantés dans chaque expérience. Les résultats de l’expérience 1 montrent que le colmatage est moins fréquent avec FA2 et FA3 (3 % et 2 %) qu’avec FA1 (9 % de lits colmatés). Les biosolides de FA2 et FA3 sont plus humides avec un meilleur développement des macrophytes (186 et 234 plantes/m2 pour respectivement FA2 et FA3 contre 170 plantes/m2 pour FA1). Aucune différence significative n’a été notée dans l’élimination des MS, MES et DCO (P > 0,05). Des différences significatives sont notées dans l’élimination de NTK, NH_4^+, NO_3^- et PT (P < 0,01) avec une meilleure minéralisation pour FA2 et FA3. Tous les lixiviats ne respectent pas la norme sénégalaise de rejet. Les biosolides sont tous matures après trois mois de maturation mais ont des concentrations en œufs d’Ascaris viables supérieures aux normes de l’OMS. Les concentrations en métaux lourds sont inférieures aux normes de l’UE. Les résultats de l’expérience 2 montrent que les lits à Echinochloa pyramidalis et Phragmites australis se colmatent moins fréquemment (6 % et 8,2 % respectivement) que les lits à Typha domingensis (14,4 %) du fait d’une densité de plantes plus importante (196,6 et 138 plantes/m2 pour respectivement Echinochloa pyramidalis et Phragmites australis contre 90 plantes/m2 pour Typha domingensis) ce qui augmente l’évapotranspiration. Les taux d’élimination des MS, MES et DCO sont élevés (> 90 %) et ne sont pas influencés par la nature de macrophytes. On note cependant une plus forte minéralisation et nitrification au niveau des lits à E. pyramidalis et P. australis. Tous les lixiviats collectés ne respectent pas les normes de rejet de la législation sénégalaise. Les biosolides sont tous matures avec des concentrations en œufs d’Ascaris viables supérieures aux normes de l’OMS. Les résultats de l’expérience 3 montrent des fréquences de colmatage faibles voire nulles sur les lits traitant les boues d’épuration et les boues épaissies (3,7 % et 0 % respectivement contre 9,5 % des lits traitant des boues brutes). Ces lits ont de faibles densités de plantes (182,3 et 195,7 plantes/m2 respectivement) contre 207 plantes/m2 au niveaux des lits traitant des boues brutes. Aucune différence significative n’est notée concernant l’élimination des MS, MES, DCO et PT. Des différences significatives sont notées dans l’élimination des MVS, NTK, NH_4^+, NO_3^-et PO_4^(3-) avec de meilleurs taux de dépollution pour les lits traitant des boues épaissies et d’épuration. Toutefois, les lixiviats issus de ces derniers sont largement plus concentrés. Tous les lixiviats recueillis ne respectent pas la norme sénégalaise de rejet. Les biosolides sont toutes matures avec des concentrations en œufs d’Ascaris supérieures à la norme de l’OMS. Les concentrations en métaux lourds sont inférieures à la norme de l’UE. Les résultats de ce travail ouvrent des perspectives pour un meilleur dimensionnement des lits de séchage plantés dans une perspective de réutilisation des sous-produits dans des conditions climatiques subsahariennes.


Auteur(s) : Elhadji Mamadou Sonko
Pages : 210
Année de publication : 2015
Revue : Thèse de Doctorat unique en Environnement
N° de volume : 129
Type : These
Mise en ligne par : SONKO El Hadji Mamadou