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L’excision au sud du Sénégal : Enjeux aux soins obstétricaux dans les régions de Tambacounda et de Kolda

En Afrique subsaharienne, les normes traditionnelles telles que l’excision constituent pour la femme un facteur de risque susceptible d’influencer sa vie obstétricale. Pratiquée dans une trentaine de pays africains dont le Sénégal, l'excision est généralement faite sur des filles âgées de quatre à quatorze ans, sans respect des règles d’hygiène, parfois sur des nouveau-nés et même sur les femmes enceintes, sans anesthésie, avec des ciseaux, des lames de rasoir ou des couteaux (OMS, 1998). Cette intervention, souvent traumatisante sur le plan psychologique, physique et physiologique, entraîne des complications immédiates telles que les douleurs, la rétention d’urine, l’hémorragie avec l’état de choc ; secondaires comme le tétanos ; celles tardives, c’est le cas des infections génitales susceptibles d’entraîner la stérilité, l’hépatite B peu connue, le VIH/SIDA, la modification de l’appareil génital externe, les kystes dermoïdes. Pendant l’accouchement, l’excision peut favoriser parfois les hémorragies de la délivrance, les déchirures périnéales, les lenteurs du travail d’accouchement, la souffrance fœtale et les décès néonatals. Cet article prend source des résultats d’une recherche qualitative sur l’excision et les complications obstétricales dans les régions de Tambacounda et de Kolda au Sénégal. Les résultats démontrent qu’à l’instar de beaucoup de pays africains, le Sénégal, malgré les différentes mutations sociales, a maintenu la pratique de l’excision. Dans les régions de Tambacounda et de Kolda, l’excision confère à la femme une identité sociale qui est une des valeurs transmissibles aux générations futures selon les dispositions de la société traditionnelle. Concernant l’implication de l’excision dans la survenue des complications obstétricales la recherche montre que la pratique provient des normes culturelles, des idéaux de fonctionnement de la société qu’il est difficile de bouleverser. Cependant, il est à noter que la culture chez les Peulhs et les Mandingues des régions de Tambacounda et de Kolda est aussi axée sur les mariages précoces donnant lieu à des grossesses précoces, véritable cause de certaines complications obstétricales (césarienne pour bassin généralement rétréci, fistules vésico ou recto-vaginales).


Auteur(s) : Diagne. F
Année de publication : 2016
Revue : Revue de Sociologie, d’Anthropologie et de Psychologie
N° de volume : N° 07
Type : Article
Mise en ligne par : DIAGNE Fatou