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L'étonnant statut métalogique des vérités générales chez George BOOLE

La recherche des fondements des propositions générales de la science semble, d’une part, déboucher sur une impasse, car elles demandent à être admises comme vraies sans aucune démonstration ou preuve. D’autre part, la quête irrépressible de la vérité, d’un ordre et d’une finalité n’amène t-il pas George Boole (1815-1864), mathématicien et logicien autodidacte éminent du milieu du XIX° siècle, dans une Angleterre rationaliste, empiriste et positiviste dominée par les idées de Isaac Newton, John Locke et de David Hume, à accréditer l’idée d’une identité, à tout le moins d’une cohabitation entre logique et métalogique, pour ne pas dire entre science et métascience ? Sa logique se veut une sorte de complément, de simplification et de généralisation de la logique d’Aristote par son algébrisation et sa symbolisation grâce à deux notions : l’univers du discours et la quantification du prédicat...Penser équivaut alors à raisonner dans le langage symbolique d’un calcul. Penser devient calculer. Pourtant, la science elle-même, fondamentale ou expérimentale repose sur des propositions générales (principes, postulats, axiomes...) dont la démonstration de la validité est sujette à caution. En effet, la déduction logique comme la preuve inductive semblent d’une part déboucher sur une impasse, car elles demandent à être admises comme vraies sans au cune démonstration ou preuve absolues. D’autre part, la quête de la vérité certaine, d’un ordre et d’une finalité amène Boole à accréditer l’idée d’une identité entre le monde et la raison basée sur la vraisemblance et la probabilité à la manière d’un Karl Popper, à tout le moins d’une cohabitation, d’une e xtension entre logique et métalogique, pour ne pas dire entre science et métascience ? Y a-t-il un paradoxe apparent ou réel, du à l’imper fection de nos sens et par suite à l’irrésolution de l’univers et de l’inachèvement de la science? La croyance humaine e n la possibilité d’une réduction progressive de l’ignora nce n’engendre t-elle pas la possibilité d’une transparence totale et à une intelligibilité absolue du monde matériel et intellectuel à Cette cohabitation ne semble-t-elle pas donner lieu à un optimisme fécond à l’image de la cohabitation, voire de la quasi-confusion qui existerait chez lui entre logique et algèbre ? Si paradoxe il y a, est-il apparent ou réel eut égard à l’imperfection de nos sens et à la limitation relative des données disponibles? La croyance booléenne en la possibilité d’une réduction progressive voire d’une disparition prochaine des entraves au progrès de la science n’ouvrirait-elle pas la voie à une transparence totale et à une intelligibilité absolue du monde matériel et intellectuel à la manière du démon de Laplace?


Auteur(s) : Boubacar Siguiné SY
Pages : 31-45
Année de publication : 2012
Revue : LIENS N° 15
N° de volume : N° 15
Type : Article
Statut Editorial : Revue francophone scientifique et pédagogique
Mise en ligne par : SY Boubacar Siguiné