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Paludisme et grossesse : épidémiologie et pronostic au CHU de Dakar.

Résumé Objectifs: Préciser l'épidémiologie et le pronostic de J'association paludisme et grossesse, évaluer l'intérêt d'utiliser un test rapide ICT malaria pour un diagnostic précoce. Patientes et méthodes: Il s'agit d'une étude prospective et exhaustive de tous les cas d'association paludisme et grossesse pris en charge entre le 1er septembre 2004 et le 31 Août 2005 au CHU de Dakar. Le diagnostic de paludisme reposait sur la positivité d'un test rapide ICT malaria et/ou de la goutte épaisse réalisée devant toute femme enceinte présentant une hyperthermie. Après traitement, les patientes étaient suivies durant tout le reste de la grossesse et dans les 3 premiers mois du post-abortum ou du post-partum, de même que les nouveau-nés. Résultats : Nous avons enregistré 34 cas de paludisme confirmé parmi les 6720 gestantes prises en charge pendant la période d'étude, soit une fréquence de 0,5 % des grossesses. Le profil épidémiologique est celui d'une patiente jeune âgée en moyenne de 25 ans, nullipare (29 %) ou paucipare (59 %), à faible niveau socio-économique (76 %) et résidant dans la banlieue de Dakar. Concernant la prévention du paludisme, les moustiquaires imprégnées n'ont été utilisées que par 2 patientes (6 %), tandis la chimioprophylaxie a été utilisée par 9 patientes pour la chloroquine (29,4 %) et par 9 patientes pour la sulfadoxinepyriméthamine (29,4 %) soit 58,8 % des cas. La corrélation entre Je test ICT malaria et la goutte épaisse a montré 4 résultats faux négatifs pour l'ICT malaria, soit une sensibilité de 88 %, une spécificité de 100 % et une valeur prédictive positive de 100 %. Le tableau clinique à l'entrée était celui d'un accès palustre simple dans 94 % des cas et d'un neuropaludisme dans 6 % des cas. L'âge gestationnel moyen était de 30 semaines d'aménorrhée avec des extrêmes de 5 et 39 semaines d'aménorrhée. Le paludisme était fréquemment associé à une anémie (62 % des cas). Sur le plan thérapeutique, toutes les patientes ont reçu un traitement à base de quinine par voie parentérale (97 %) ou par voie orale (3 %), la durée moyenne du traitement était de 5 jours. Le pronostic maternel est marqué par 2 décès par neuropaludisme soit une létalité de 6 %. L'évolution de la grossesse était émaillée de complications obstétricales comme l'avortement (17,6 %), l'accouchement prématuré (8,8 %) et la mort fœtale in utero (3 %) ; 70,6 % des patientes ont pu mener leur grossesse normalement jusqu'à terme. La morbidité retrouvée au cours du suivi était essentiellement en rapport avec l'anémie et 1 cas d'insuffisance rénale aiguë qui a évolué favorablement. La voie basse était le mode d'accouchement prédominant (84,6 %). Les nouveau-nés avaient un faible poids de naissance dans 26 % des cas, la souffrance néonatale était retrouvée dans 28 % des cas. Quatre décès ont été enregistrés en période néonatale, soit une mortalité périnatale globale de 180 pour 1 000 naissances vivantes. Nous n'avons pas enregistré de cas de paludisme congénital. Conclusion : Le test rapide à l'ICT malaria est fiable pour faire diagnostiquer rapide de paludisme chez la femme enceinte. Le pronostic de l'association paludisme et grossesse reste péjoratif aussi bien pour la mère que pour le fœtus, d'où la nécessité de promouvoir davantage les mesures préventives au cours du suivi prénatal.


Auteur(s) : Cissé CT, Niang MM, Aldebert D, Moreau JC. .
Pages : 318-319
Année de publication : 2007
Revue : La Lettre du Gynécologue
Type : Article
Mise en ligne par : NIANG Mouhamadou Mansour