Accueil > Résultats de la recherche > Suite de la publication

Anthropologie du langage et de l’imaginaire des discours politiques populaires : notes sur la violence verbale dans le débat politique au Sénégal

Cet article est centré sur l’étude de la violence verbale dans les foras en ligne de la presse sénégalaise. Le corpus est extrait du débat politique dit de succession (du président de la République Abdoulaye Wade par son fils Karim Wade), notamment des réactions qui font suite aux chroniques en ligne (Lignes ennemies) d’un journaliste sénégalais vivant au Canada, Souleymane Jules Diop. La volonté des auteurs est de saisir, à travers une approche empirique et qualitative de la violence verbale, les significations et les conditions de production et de circulation des discours populaires politiques, « bruts ». Ils considèrent que le mépris ou le déni de « la naturalité violente » du peuple (J. Guilhaumou : 2008) aboutit, dans le terrain considéré, à une pré-modélisation et une pré-catégorisation des traitements du discours politique populaire qui relèguent à la marge la matérialité première de ces « dires politiques » de la « doxa » au profit de critères esthétiques, éthiques et logiques (le « bien dit », ce « qui peut être dit » et « ce qui doit être dit »). Voulant tourner le dos à ce parti pris scientifique qu’ils jugent heuristiquement discriminant dans l’étude du politique et du discours politique, les auteurs tentent une analyse linguistique et anthropologique de « l’émotion grégaire » et de la « violence primaire » qui caractérisent ces discours populaires. Ils tentent d’en faire ressortir les significations, c’est-à-dire les figures multiples et non homologuées (ou alors, autrement homologuées) de la contestation du politique dans le contexte sociopolitique actuel du Sénégal.


Auteur(s) : Mouhamed Abdallah Ly et Abdourahmane Seck
Année de publication : 2012
Revue : Signes, discours et société
Type : Article
Mise en ligne par : LY Mouhamed Abdallah