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Les représentations du corps chez les femmes pratiquant le fitness à dakar

Les femmes sénégalaises notamment celles vivant en milieu urbain sont pendant longtemps restées confinées dans l’univers domestique et prenaient soin de leur corps pour avoir des rondeurs qui ont toujours été une valeur esthétique. L’idéal de femme de la société sénégalaise était la femme charnue aux rondeurs et aux surcharges pondérales avec une démarche lente (modèle « jongama »). La pratique de l’activité physique par les femmes à travers le fitness, tributaire d’un changement des mentalités et des modes de vie, répond à un besoin de réappropriation et de contrôle de leur corps (poids, santé) dans un contexte où la culture dominante impose la quête d’un « nouveau corps » pour mieux se vendre dans le « marché de la forme ». Les pratiquantes de fitness cherchent surtout à « être en forme », à « garder la ligne », « à maigrir », à « avoir un beau corps » pour s’identifier aux canons de beauté véhiculés par les médias et incarnés notamment par les mannequins et les stars occidentaux. L’image du corps semble bien avoir évolué et la corpulence est en passe d’être dévalorisée ; d’où la dynamique du rapport des femmes urbaines à leur propre corps. Ces dernières vivent une situation d’entre-deux en ce sens qu’elles ne veulent être « ni totalement grosses, ni totalement minces » pour rester dans l’esthétique corporelle de leur société et continuer à plaire.


Auteur(s) : Cheikh Tidiane Tine et Ibrahima Fall
Pages : 285-293
Année de publication : 2015
Revue : Journal de la Recherche Scientifique de Lomé
N° de volume : 3 vol 17
Type : Article
Statut Editorial : -
Mise en ligne par : TINE Cheikh Tidiane