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"Corps-Amana", "Corps-objet" et don d'organe : les musulmans et leur rapport au corps

Au Sénégal, comme dans la plupart des pays africains, l'insuffisance rénale est devenue un véritable phénomène pathologique au sens propre comme au sens figure. Maladie silencieuse, l'insuffisance rénale altère la fonction du rein, organe vital dont le dysfonctionnement entraine d'autres complications organiques. Au sens figuré, et plus spécifiquement sociologique, nous constatons que, contrairement au taux de prévalence mondiale qui est de l'ordre de 5 à 10%, au Sénégal, plus de 12% de la population est atteint de cette maladie dont la prise en charge médicale est très onéreuse. En effet, jusqu'a présent la seule thérapie qui s'offre aux malades reste la dialyse alors que la transplantation rénale, en usage dans de nombreux pays, est inexistante au Sénégal. Sous le prétexte des conclusions de l’étude Perception of kidney donation in Senegal and potential donors nous avons, d’une part, procédé à une ré-exploitation des données secondaires issues de cette enquête statistique pour pointer du doigt les représentations symbolico-religieuses que les musulmans sénégalais se font de leur corps et du don d’organes et que, d’autre part, l’idée de la mise en jeu d’un morcellement du corps perçu en Occident comme un « réservoir de pièces détachées » éveille nécessairement des sentiments, à mi-chemin entre fantasmes, interdits et tabous.


Auteur(s) : Mouhamed Moustapha Dieye
Pages : 225-246
Année de publication : 2015
Revue : Revue de la Faculté de Droit, d'Economie, de Gestion et de Sociologie
N° de volume : 5
Type : Article
Mise en ligne par : DIEYE Mouhamed Moustapha