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Faire dire sans dire soi-même : la parole déléguée en question »

Certaines institutions ou personnalités publiques ont souvent besoin de se faire représenter par un délégataire à qui elles confient leur parole, qui se trouve investi du pouvoir de la transmettre à un auditoire donné, celui-ci pouvant être un public lecteur. Il est évident que tant la forme que le fond de ce dire délégué, même repris et transmis dans un autre contexte, doivent idéalement rester tels quels, purs et originels. Pourtant, les conditions de production verbale changeant dans la nouvelle situation d’énonciation effective de la parole déléguée, et l’énonciation de départ, celle du délégant se dédoublant, cette parole est sans cesse sujette à des modifications qui peuvent plus ou moins la dénaturer. Aussi le message est-il toujours co-construit au moment où il est produit, et cela s’accompagne d’une altérité en raison de l’interdiscours, mais également de la construction forcée de l’ethos discursif du délégataire. De plus, c’est une parole qui met en concurrence plusieurs éthos libérés par divers sujets parlants impliqués dans le discours qui, ainsi rendu hétérogène, devient performatif. Comme illustration, nous avons recouru à des exemples de parole déléguée empruntés à l’espace public du Sénégal.


Auteur(s) : Fallou Mbow
Année de publication : 2018
Revue : Revue ReSciLaC (Revue des Sciences du Langage et de la Communication)
Type : Article
Mise en ligne par : MBOW Fallou